WordPress · Mis à jour le
Il y a toujours des modes, quel que soit le domaine. Dans le web, la mode est aux sites construits avec Elementor, sur une base WordPress. Mais concrètement, quels sont les avantages et les inconvénients de cette solution, pour le propriétaire du site comme pour celui qui le conçoit ? À la manière de Sherlock Holmes et de son fidèle Watson, menons l’enquête !
Elementor ? Mais qu’est-ce que c’est ?
À l’origine, WordPress était un moteur de blog. Mais un blog, c’est du contenu : il a donc naturellement évolué vers un CMS (gestionnaire de contenu). Il souffrait cependant d’un défaut : simple à utiliser, il ne permettait pas à tout un chacun de créer visuellement ses pages.
Plutôt que de réinventer la roue, certains ont eu l’idée de s’appuyer sur WordPress et d’y ajouter un constructeur de pages (page builder). On crée alors ses pages visuellement, par glisser-déposer, à coups de clics.
Elementor est l’un des plus connus : c’est une extension (plugin) qui s’installe sur n’importe quel thème. D’autres outils, comme Divi, Avada ou Enfold, prennent plutôt la forme de thèmes intégrant leur propre constructeur.
Que leur reproche-t-on ?
Normalement, le navigateur reçoit une page HTML et l’affiche. Ces outils, eux, ajoutent une couche supplémentaire : leur propre format de mise en page, une imbrication de codes courts (shortcodes) ou de données spécifiques.
Le serveur doit donc convertir ce format en HTML, pour chaque page du site. Or, ces transformations à répétition pèsent lourd sur les sites très visités. Faire travailler un serveur pour afficher exactement le même contenu à tous les internautes n’est pas très efficace.
À l’heure où l’on s’intéresse à l’impact écologique du numérique, il serait bon de modérer ces pratiques.
Et si on jouait à cache-cache ?
Une partie de la réponse passe par le cache. L’idée : générer le contenu une seule fois, puis ne le regénérer qu’en cas de changement.
Ainsi, les serveurs consomment moins d’électricité, car ils ne refont pas sans cesse le même calcul pour obtenir le même résultat.
Mais Watson, a-t-on la solution ?
Le cache règle une partie du problème, mais pas tout. Le vrai souci est ailleurs : votre contenu devient prisonnier de l’outil.
Pourquoi ?
Le constructeur de pages enrobe votre contenu, votre contenu, dans ses propres balises de mise en forme. Ces balises le « polluent » et le rendent difficile à récupérer sans un traitement spécifique. Si vous changez d’outil, votre mise en page est à refaire.
Or, dans un site internet, ce qui vous appartient vraiment, c’est le contenu, pas le contenant. C’est un peu comme si on vous dépossédait de votre propriété !
En informatique, on cherche au contraire à séparer les rôles : chaque composant a une mission précise. C’est ce qui rend une solution pérenne et facile à maintenir.
WordPress a sa solution : l’éditeur de blocs
WordPress a suivi ce mouvement de près et a riposté avec Gutenberg, son éditeur de blocs.
Nous étions sceptiques au départ. Finalement, la solution est bien pensée. Au lieu de dépendre d’un outil tiers, WordPress a intégré la construction visuelle des pages directement dans son cœur. Tout thème compatible avec l’éditeur de blocs affiche donc votre contenu correctement, sans rien changer.
Depuis, l’éditeur de blocs a beaucoup mûri. Avec l’édition complète du site (Full Site Editing) et les thèmes à blocs, il permet aujourd’hui de construire visuellement tout un site, en-tête et pied de page compris.
Imaginons : votre site tout neuf a été réalisé sur WordPress, avec un thème compatible avec l’éditeur de blocs. Quelque temps plus tard, l’agence qui l’a conçu disparaît. Comment faire évoluer votre site sans tout payer à nouveau ?
C’est simple : il suffit de faire refaire le thème, sans tout casser pour tout reconstruire. Votre contenu est sauvé, et vous n’avez pas à refaire ce qui existe déjà.
WordPress, c’est un peu comme une maison
Quand on refait son intérieur, on ne démolit pas la maison pour la reconstruire !
Avec WordPress, c’est pareil :
- WordPress, c’est la maison : vous l’entretenez en le mettant à jour ;
- le thème, c’est la décoration, un peu comme la couleur de vos murs ;
- le contenu, ce sont vos meubles : ce qui donne envie aux visiteurs de vous faire confiance.
Quand vous repeignez une pièce, vous ne jetez pas vos meubles. C’est dans cet esprit qu’il faut choisir ces solutions : comme un investissement à faire durer, et non à refaire sans cesse. (Même si, c’est vrai, « faire et défaire, c’est toujours travailler » !)
Quels sont leurs avantages ?
Ces outils permettent de créer rapidement des pages modifiables visuellement, sans grandes connaissances techniques. Ils ont donc leur place, à condition d’être utilisés à bon escient. Comme tout outil, ils ont un usage adapté : vous ne prendriez pas un marteau-piqueur pour enfoncer un clou !
Nous les recommandons pour de petits sites, d’une seule page par exemple : économiques, rapides à réaliser, en attendant un site plus complet. Il faut cependant activer un cache et limiter au maximum leurs effets négatifs.
Quels sont leurs autres inconvénients ?
- Un référencement pénalisé : la vitesse d’affichage compte pour Google, qui la mesure avec les Core Web Vitals. Or, ces outils sont souvent lourds (fichiers nombreux, chargement mal ordonné). Les tests PageSpeed Insights sont alors défavorables, et vous partez avec un caillou dans la chaussure.
- Une forte consommation de ressources, côté serveur comme côté réseau. Si vous êtes attentif à l’écologie, c’est un mauvais point, surtout sans plugin de cache.
- Une maintenance délicate : si vous ne faites pas les mises à jour régulièrement, l’écart devient tel qu’il est parfois presque impossible de remettre le site d’aplomb. Or, ces mises à jour sont indispensables, notamment pour la sécurité.
- Une réversibilité incertaine : si l’outil n’est plus maintenu, votre site reste bloqué sur une version obsolète, avec les failles de sécurité qui peuvent en découler. Et comme il est difficile d’en sortir, votre investissement de départ est perdu.
En conclusion, mon cher Watson ?
Nous utilisons ces outils quand c’est justifié : budget serré, délais courts ou site temporaire. Mais nous ne les utilisons pas pour tous nos sites.
Nous préférons, à la manière d’un artisan, réaliser un thème sur mesure, que le client pourra remplacer un jour par un autre thème. Nous pensons à la suite, dans l’intérêt de notre client.
Pour cela, nous nous appuyons notamment sur Timber, une solution elle-même remplaçable. Elle facilite la maintenance et les évolutions, avec un code que nous maîtrisons et dont nous sommes entièrement responsables. Nous pouvons ainsi garantir la qualité et répondre à toutes les exigences de nos clients !
Enfin, toute agence qui reprendrait le projet pourrait prendre facilement le relais. C’est aussi cela, la réversibilité, et c’est fortement recommandé quand on investit dans la durée.
À lire aussi